L'arrivée du printemps, c'est aussi le retour du summer body.
Femme sur un fauteuil de Henri Matisse
C’est le même refrain chaque année.
Dès le retour des beaux jours, le spectre du summer body rôde. À peine on commence à kiffer le soleil qui pointe à nouveau le bout de son nez, qu’on nous presse de nous mettre au boulot pour optimiser et améliorer notre corps : sport, régime, détox. C’est un discours que nous avons tellement entendu que nous l’avons profondément intériorisé comme si cela allait de soit.
Sur les réseaux et dans les médias, on voit passer partout mille et un conseil pour perdre du poids rapidement, se muscler, prendre des plantes pour faire une détox et tout ça pour obtenir le graal : le corps qui fait bien à la plage en maillot de bain. Entendez donc le corps mince, musclé, où rien ne dépasse.
Moi j’ai longtemps complexé sur mes hanches qui selon moi étaient trop larges et j’hyper-fixais mon attention sur mes cuisses dont je n’aimais pas la forme. C’était “si important” que je m’assurais bien d’avoir le fameux thigh gap (les cuisses qui ne se touchent pas). Ça faisait quand même beaucoup de croyances négatives directement liées à mon apparence à tel point que ça nourrissait une certaine détestation de parties de mon corps. De l’écrire et me rendre compte de ça, je trouve ça super violent.
Dans notre société, on ne valorise que les corps minces.
Depuis petit.es, on nous raconte que le seul objectif santé dont on devrait se préoccuper, c’est la gestion de notre poids. Les mecs devraient être musclés et les meufs minces, musclées mais pas trop sinon c’est pas “féminin” (!!) et avoir l’appétit d’un petit oiseau.
Dans notre réalité, ça veut dire : ne pas grossir, perdre les “petits kilos en trop” immédiatement, manger bien, pas trop de chocolat, pas trop de gras, pas trop de pâtes, etc etc… Être dans la vigilance de tout ce qu’on avale et ce à quoi on ressemble.
La minceur est tellement glorifiée, que les personnes grosses sont discriminées dans la vie de tout les jours : à l’embauche et au travail, dans l’espace public, au sein du corps médical qui ramènent tous leur symptômes à leur poids (alors que parfois / souvent ça n’a rien avoir)… Elles sont prises beaucoup moins au sérieux juste parce qu’elles ne correspondent pas à l’apparence physique qui affirmerait qu’elles sont en parfaite santé.
Ce qui a permis d’accepter et de normaliser les troubles du comportement alimentaire. Perdre du poids c’est ok même si cela engendre des carences nutritives, des troubles hormonaux, de la dépression, de l’orthorexie (l’obsession de manger des aliments sains), des comportements auto-destructeurs…
Vous n’avez pas besoin de transformer votre corps, ni pour vous, ni pour les autres.
Le corps, comme tout, bouge, évolue, change au fil de notre vie. Il porte nos cellules, nos organes, nos muscles, nos tissus… sans lui, nous ne serions pas ici. C’est un peu magique quand même.
Imaginons simplement que notre corps est une maison. Pour que cette maison soit solide, sans fuite d’eau, retienne la chaleur, elle a besoin de fondations solides et d’être entretenue. Sinon, elle s’effondre. Traiter son corps comme sa maison, c’est prendre soin de l’endroit le plus important de toute notre vie.
La plus belle preuve d’amour que vous pouvez vous apporter c’est de vous accepter radicalement comme vous êtes, de consentir à vous-même. Célébrez-vous et remerciez votre corps pour toutes les choses incroyables qu’il fait pour vous au quotidien.
Oubliez l’IMC et les calories.
L’IMC (indicateur de masse corporel) est un parfait reflet de notre société grossophobe, basé sur un calcul qui ne reflète pas l’état et la capacité de notre métabolisme. Les calories ne veulent rien dire en terme d’indicateur pour savoir si un aliment est “bon” ou pas. Une calorie c’est une ancienne mesure de quantité de chaleur. Je ne les prends jamais en compte puisque ça me parait complètement obsolète.
Plus j’ai mangé ce que je souhaitais manger, plus ma relation à la nourriture c’est apaisée. Dans mon quotidien, ça ressemble à ça :
Des produits bruts locaux, cultivés sans pesticides, de saison.
Avoir de tout dans mon assiette : légumes, protéines, glucides.
Alterner les cuissons : vapeur, poêle, four.
Mais aussi manger des biscuits, des chips, du chocolat, des desserts…
Une alimentation équilibré ce n’est pas manger sain 24h/24h, le vrai équilibre c’est de manger varier et de tout (selon vos critères : végétarien.ne, vegan.ne…) le plus possible.